C’est moins visible que l’aéronautique, mais nos champions du spatial se distinguent dans la grisaille économique ambiante. Chez Astrium, le niveau d’activité 2011 sur Toulouse a été très élevé avec une prévision de charge pour 2012 comparable.
Sur le marché mondial des satellites de télécommunications ouvert à la concurrence (en dehors des achats par les Etats et les armées) quasiment divisé par deux en 2011 (16 exemplaires), Astrium s’est arrogé un tiers des commandes (4) en valeur marchande, tous fabriqués à Toulouse. Sans doute le contrat le plus significatif, le satellite américain DirecTV 15 qui a été gagné en octobre dernier face aux locaux, Boeing et Lockheed Martin Loral. «Nous sommes très bien placés pour livrer des très gros satellites en masse et puissance électrique avec notre plate-forme Eurostar 3000 » relate Sébastien Poncin, responsable du site d’Astrium Toulouse. Autres faits marquants, la 1ère commande de la Malaisie avec Measat-3b. Quant à la nouvelle plateforme Alphabus réalisée avec Thales Alenia Space, l’intégration avec la charge utile Alphasat Inmarsat-XL est en phase finale à Astrolabe.
Globalement sur 45 satellites en commande au sein de la division satellite d’Astrium (présent en GB, Allemagne et France), les 2/3 sortiront de Toulouse. En observation de la terre, 17 des 29 satellites (2 prises de commandes en 2011) en cours sont sous maîtrise d’œuvre locale dont entre autres la suite d’Helios 2, CSO pour la Défense. Mais le centre de compétence des Instruments optiques du Palays équipe aussi la plupart des satellites d’observation réalisés par le groupe en Europe (Aeolus, Earthcare…). Pléiades 1 et les 4 microsatellites en essaim Elisa (DGA) plus SSOT (Chili) ont été lancés le 16 décembre par Soyouz depuis Kourou, en septembre 2012, Spot 6 (puis Spot7) est appelé à prendre la relève de Spot5. Dans les sciences, l’intégration du satellite de tous les records, GAIA -capable de localiser un cheveu sur la lune depuis la terre- suit son cours.
Les activités de services du groupe poursuivent leur développement, 350 personnes sont concernées à Toulouse dans les télécommunications et la Défense et surtout l’imagerie. Si le calendrier est respecté dans quelques semaines, Spot Image pourra enfin produire de l’imagerie satellitaire THR, très haute résolution de 0,50 cm avec le 1er satellite Pléiades tout en bénéficiant de l’ « agilité » de cette plateforme. Le Japon, la Chine et le Canada ont déjà acheté des stations de réception pour traiter ces images THR. La division Services (3000 personnes au total dans le groupe) s’apprête à prendre le contrôle de l’opérateur Visadata. En 2011, Astrium a signé pour le déploiement d’un service de télécom pour les soldats de la Bundeswehr à l’image du contrat Passerel pour l’armée française, dont les opérations sont gérées depuis Toulouse. En vue, l’appel d’offres Nectar lancé par l’armée française qui souhaite désormais louer l’utilisation de moyens satellitaires de télécommunications (Syracuse) pour ses besoins comme en Angleterre avec les satellites Skynet.
L’année 2011 aura été aussi marquée par le record du nombre de lancements de satellites réalisés par le groupe, 13 dont 11 sous maîtrise d’œuvre toulousaine.
A l’horizon 2013, 2014, les équipes d’Astrium sont sur le pont pour remplir le carnet de commandes. L’internet haut débit et la télévision directe font partie des besoins avérés chez les grands opérateurs de télécom. Mis en œuvre par le Cnes, les projets d’investissement d’avenir dédiés à l’espace (250 millions d’euros) comme le satellite SWAT, Myriades NG, dans les télécommunications plus performantes occupent déjà les bureaux d’études.
JL. Bénédini
Près de 2900 personnes
Astrium c’est à la fois le site principal du Palays, le centre d’essais Intespace et la salle d’intégration Astrolabe près du Canal du Midi, le pôle imagerie sur le parc du Canal autour de Spot Image. L’effectif atteint près de 2900 personnes plus 800 sous-traitants. Parmi les quelques investissements annoncés, le rachat du site d’Intespace au Cnes, la rénovation du poste de garde et du centre de santé au Palays : à terme l’ensemble des équipes de Geo-Information (Spot Image et l’ex Infoterra) seront réunies avec la construction d’un nouveau bâtiment près de Spot Image. |